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Vie pratique

Culture : un patrimoine précieux

En seulement quelques années, le Qatar est devenu une référence en matière d’activités culturelles. Le pays cherche aujourd’hui à dépasser l’image d’un opulent émirat gazier, uniquement riche de ses ressources pétrolifères. Le Qatar part à la conquête d’un nouveau public, notamment culturel.

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L’attrait du Qatar pour la culture s’est développé il y a quelques décennies seulement. Le petit État (2,8 millions d’habitants), indépendant depuis 1971, vivait surtout de la culture perlière avant la découverte de ses ressources pétrolifères en 1939. L’émirat commence en réalité à s’intéresser aux acteurs culturels au sortir de la guerre du Golfe. Il devient alors un grand client du marché de l’art. En 2005, la politique culturelle qatarie s’institutionnalise avec la création de l’Autorité des musées du Qatar, administrée par la sœur de l’actuel émir, S.E. Cheikha Al Mayassa. Cette fondation bénéficie d’un budget évalué à un milliard de dollars chaque année pour ses acquisitions. En 2011, l’Autorité des musées du Qatar a ainsi pu acquérir Les Joueurs de cartes,

de Cézanne, pour 250 millions de dollars, prix le plus élevé jamais payé pour une œuvre d’art à l’époque. « Le Qatar a vraiment accéléré ses investissements, expliquait Cheikha Al Mayassa au Figaro récemment. Cela inclut des musées reconnus internationalement, la préservation de plus de mille sites historiques, la commande d’œuvres à des artistes locaux et internationaux implantés dans l’espace public, et toute une programmation artistique qui va des écoles aux expositions et aux festivals. Le tourisme culturel seul a un impact économique potentiel de 1,2 milliard de dollars par an au Qatar d’ici 2025. » Cheikha Al Mayassa est aussi à l’initiative de nombreux projets, comme le complexe culturel Katara, ouvert en 2010 et dédié aux artisanats qataris. Ce village, bordé d’une vaste plage d’un côté et des collines jumelles de Katara de l’autre, est un incontournable de Doha en matière d’art, de culture et de gastronomie. On y trouve des musées, un amphithéâtre, une salle de cinéma, deux magnifiques mosquées et de nombreux restaurants proposant des cuisines du monde entier.

Hommage à l’héritage bédouin

En 2008, le Qatar lance le projet d’un musée d’Art islamique confié à l’architecte de la pyramide du Louvre, Ieoh Ming Pei. Ce musée raconte l’histoire des arts de l’Islam. Projet le plus ambitieux du Qatar, le superbe bâtiment de pierre blonde et de volumes cubiques est construit sur une île artificielle au large de Doha. Au fil des salles et d’une muséographie sobre et efficace, on admire des œuvres exceptionnelles issues de nombreux territoires. L’architecte s’est inspiré de la mosquée Ibn Touloun du Caire (IXe siècle), un des fleurons de l’architecture religieuse islamique. Le musée d’Art islamique de Doha est aujourd’hui le plus grand du pays, un chef-d’œuvre en forme d’hommage à l’héritage bédouin.

La culture au Qatar, c’est aussi un passage par le planétarium Al Thuraya, qui invite ses visiteurs à explorer le rôle de l’astronomie dans l’histoire et les traditions religieuses du pays. Un arrêt s’impose également dans le quartier d’Education City. Entre les campus des universités les plus prestigieuses du monde, The Miraculous Journey (Le Voyage miraculeux) de Damien Hirst, au pôle médical Sidra Medicine, a de quoi impressionner avec ses quatorze sculptures représentant le développement d’un fœtus jusqu’à la naissance. Autre œuvre monumentale : l’immense araignée de neuf mètres de haut, baptisée Maman, conçue par la célèbre plasticienne Louise Bourgeois, au Qatar National Convention Centre. Une autre étape est la Bibliothèque nationale du Qatar, aux airs de vaisseau spatial, puis la mosquée Education City, elle aussi de style résolument futuriste. L’émirat a pour objectif de devenir dans les prochaines années un acteur incontournable dans les domaines de l’art et de la culture. Pour cela, le pays a lancé une nouvelle campagne de communication intitulée « Qatar. Qurated for you », un jeu de mots entre le nom du pays et la curation des musées. Avec cette campagne diffusée en huit langues, l’émirat compte bien attirer des visiteurs du monde entier.

Un charmant village de pêcheurs

Le Qatar ne se résume toutefois pas à sa capitale et offre de nombreux sites, paysages et activités à découvrir dans toute la péninsule, comme le Fort Al Zubarah, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Doha. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, il surplombe les ruines de ce qui était autrefois une ville perlière et témoigne de l’histoire du Qatar avant la découverte du pétrole. L’édifice du XXe siècle et son site archéologique offrent un bel aperçu de l’histoire du pays. Récemment rénové, il présente un excellent niveau de conservation et abrite un musée. La tradition est, elle aussi, au cœur de l’ancien village de pêcheurs Al Wakrah, devenu une ville prospère par ses développements modernes. À 25 minutes de la capitale, la cité située au bord du golfe Arabique se laisse découvrir par son port, au large duquel voguent de nombreux boutres, mais aussi par sa vieille ville, qui a su conserver sa culture et ses racines locales, son souk, très animé en soirée, ses magnifiques plages et jardins. À une heure de route de Doha, la région de Zekreet est également une destination incontournable. Composée en grande partie de terres désertiques, elle offre de fascinants paysages. Notamment les ruines d’une ancienne forteresse, le fort de Zekreet, et, plus au nord, l’impressionnante installation East-West/West-East de l’artiste américain Richard Serra, au beau milieu de plateaux calcaires et d’étendues de sable. Le Qatar est aussi présent aujourd’hui dans de multiples entités culturelles au sens large. Il y a d’abord la chaîne de télévision Al Jazeera, créée en 1996 par le cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, alors émir du Qatar, père de l’émir actuel. Il y a ensuite le PSG, propriété de Qatar Sports Investments depuis 2011, la chaîne BeIn Sports, créée en 2011, et enfin la Coupe du monde de football cette année.

> La fauconnerie, une tradition inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco

Dotés d’un bec crochu et d’une vision perçante, les faucons, des oiseaux de proie, représentent un élément crucial du patrimoine et de la culture du pays. Le faucon est considéré comme l’oiseau national du Qatar.

Pour vivre l’authenticité de cette tradition et découvrir de plus près la culture qatarie de la fauconnerie, il faut visiter le marché aux faucons du Souq Waqif, à Doha, l’endroit idéal pour observer les rapaces. Tout près, se trouve l’hôpital des faucons, géré par le gouvernement, qui soigne et guérit les volatiles blessés. Vous y verrez des faucons temporairement aveuglés ou encapuchonnés, une pratique utilisée dans le cadre du processus d’apprivoisement pour les maintenir calmes jusqu’à ce qu’ils s’habituent à leur environnement ou à leur fauconnier. La saison de fauconnerie et de chasse commence en octobre. Chaque année, le Qatar accueille le Festival international de fauconnerie, l’un des plus grands événements dédiés à cette pratique dans la région. Connu sous le nom de Marmi, ce festival se tient dans la fraîcheur des mois d’hiver. Des centaines de fauconniers de toute la région s’y retrouvent depuis treize ans pour s’adonner à ce sport aux origines centenaires. Les compétitions reposent sur la vitesse et la beauté des rapaces. L’un des objectifs de l’événement est de transmettre cette tradition aux jeunes générations.

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